Blog des élus du Groupe Démocratie 44 du Conseil général de Loire Atlantique
C'est la question que l'on entend à tous les coins de rue du Pays de Retz ! Mais au fait, pourquoi ça s'appelle comme ça ? Quelques éléments dans une petite balade instructive...
Commençons par le sud.
Aux Moutiers-en-Retz, on garde encore des traces de l'étymologie de la commune. "Moutiers" vient de l'ancien français "moutier" qui signifie monastère. Il y a certes les moines
du prieuré Saint-Nicolas, qui deviendra la chapelle de Prigny, mais c'est autour de deux prieurés Saint-Pierre et Notre-Dame que se développe le village des Moutiers.
Le 25 mars 1863, La Bernerie-en-Retz se sépare des Moutiers. Bernerie ? Là, la mission se complique, on y trouve plusieurs explications. Une chose semble sûre, bernerie vient de
berne, qui signifie drap. Racontons la légende locale : vers 1270, époque de la dernière croisade, le comte Pierre, fut accueilli, puis chassé du Château de Prigny par la princesse Yolande, dont
il était épris ; il erra alors jusqu'au lieu-dit La Sennetière. Décidant de rester à proximité de celle qu'il aimait, il s'installa là, dans une masure, en gardant l'espoir de reconquérir le
coeur de sa belle. Mais la princesse Yolande retrouva son croisé de fiancé, et le comte Pierre, dépité, se mit alors à tisser des bernes (c'est-à-dire des draps) pour attendre son retour...
De cette activité, il tira le surnom de Bernier. C'est ainsi que ce Pierre "Bernier" devint le fondateur d'une bernerie (endroit où l'on fabrique des bernes), village de drapiers qui se vit nommé
La Bernerie.
Un peu plus au nord, Pornic. Ah, Pornic... ou plutôt Porniti en gallo-romain, qui donna Pornit au Moyen-Âge. Mais tout le monde n'est pas sur la même longueur d'onde concernant
son étymologie. Certains y voient Portus Nitido et le traduisent par "port coquet et accueillant" ; d'autres y préfèrent "Porzh Nitos" ou "Port de Nitos". Qui était ce Nitos ? L'énigme
n'est pas entièrement résolue.
Continuons plus à l'est avec Arthon-en-Retz. Ou Artonem. Ou encore Villa Artoni. Voilà comment se dénommait ce village qui s'est développé à partir du domaine du Gaulois Artos
(qui signifie ours) un riche propriétaire terrien de l'époque gallo-romaine.
Juste à côté, Chauvé, dont l'orignie se rapproche de celle d'Arthon puisque l'on y trouve aussi un riche propriétaire terrien, Calvus.
Retournons sur la côte avec Préfailles. Dilemne, puisque deux origines sont proposées : le nom de Préfailles vient du latin pratum fagi, pré du hêtre (fagus) ... ou de pré
failli, une prairie de peu de valeur.
A côté, le nom de La Plaine-sur-Mer pourrait porter à confusion. Non, il ne s'agit pas de sa situation géographique, mais du vieux mot français, palaine, qui désigne les terrains
vides et banaux, c'est-à-dire appartenant aux bans du seigneur
Enfin, éclaircissons le mystère Saint-Michel-Chef-Chef. Le nom, dont l'étymologie est discutée, pourrait venir de Saint-Michel du Chevecier Chef. Une chevecier-chef étant un
dignitaire religieux qui logeait dans une chefferie. Il surveillait le chevet (la tête de la nef) d'une église ; autant dire qu'il était le gardien d'un trésor... L'autre origine possible serait
celle de Saint-Michel de Chevesché, de Terra de Chevesché, ancien nom de la Pointe Saint-Gildas toute proche. Toujours est-il que le mot s'est déformé au fil des siècles pour devenir chef-chef.
Et marquer ainsi l'histoire du territoire.
Source : wikipedia et "Origine des noms de villes et villages en Loire Atlantique" par Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak (édition Bordessoules)
Le courrier du Pays de Retz - 21 août 2009